lundi 15 avril 2019

Homélie du Père Jacques PISSIER - 4ème dimanche de Carême - Année C - 6 avril 2019


Tout   accusé  non   déclaré   coupable   est   présumé   innocent.   (Art   11   de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.)

Souvent la rumeur en fait un présumé coupable. Dans le récit de la passion de Jésus en Saint Jean, par trois fois Pilate déclare : Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Pourtant il le fait flageller et crucifier sous la pression de la foule manipulée par les grands prêtres. Ce sont nos injustices et nos péchés qui le font crucifier, il les prend sur lui pour les détruire par l’amour. Tel est le drame qui se

joue ce jour là dans le Temple de Jérusalem. Que s’est-il passé ? Sa mort est déjà envisagée, il le sait, pourtant Jésus ne peut pas ne pas agir comme son Père.

Tout le peuple vient à lui, Jésus enseigne. Ses adversaires, des hommes, lui amènent  une femme. Sans nom, elle n’est qu’un flagrant délit d’adultère, sans autre intérêt pour ses accusateurs que d’être un objet pour piéger Jésus. Cette femme n’a pas la parole, pour la société elle est passible de mort. Sans issue.

Et Jésus la libère. Par la seule force de sa parole, sans violence, sans faire la leçon. Il  ne  dit   pas, comme   cela  se répète  dans  nos   sociétés  que  tromper  son conjoint   n’est   pas   grave ;   dans   la   bible   l’adultère   est   l’image   des   adorateurs d’idoles. Il s’abaisse devant eux. Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le  premier   à  lui  jeter  la  pierre.  Sans  le   moindre  regard  accusateur,  Jésus  les renvoie à leur conscience et les libère eux-mêmes d’une loi instrument de mort.

Les pierres tombent des mains des plus âgés en premier.

Toujours baissé  devant la femme, il se redresse pour lui parler. Elle devient quelqu’un. Femme : comme à sa mère à Cana et à la Croix, plein de respect. Moi non plus je ne te condamne pas. Parole de justice. Va, et désormais ne pèche plus.

Parole de miséricorde. Elle est envoyée à sa conscience et à sa liberté. Il lui ouvre un avenir.

Frères   et   sœurs,   est-ce   bien   ce   Jésus     que   nous   voulons   suivre ?   Qui   n’enferme personne dans son passé, ses fautes, ses prises de position ? Qui s’abaisse devant notre humanité blessée pour la relever ? Quelques soient notre passé, nos addictions, nos péchés répétitifs, il nous en libère par sa Croix, il porte un regard d’espérance sur   chacun  d’entre  nous.  Si   c’est   bien   Jésus  qui  fait   ces   merveilles,   (Quelles merveilles  le  Seigneur  fit  pour  nous !  du   neuf  en  permanence !)  qui  nous  fait passer de la dépendance du péché à la liberté des enfants de Dieu, de la mort à la

résurrection, alors choisissons le résolument comme Saint Paul. Ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur… Pour tâcher de le saisir comme  j’ai  été   moi-même  saisi  par   lui  (regardez  les  catéchumènes  impatients d’être baptisés en lui). Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé en avant, je cours vers le but…
Frères et Soeurs, le sacrement de réconciliation  que vous avez reçu, a-t-il fait bouger quelque chose en vous : une prière renouvelée, un regard de miséricorde sur les autres, un pardon, un engagement à plus de solidarité ? Saint Paul écrit : C’est pour que nous devenions libres que le Christ nous a libérés.

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